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Qu'est-ce que le racisme

 
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ramiro


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MessagePosté le: Lun 2 Jan - 10:43 (2012)    Sujet du message: Qu'est-ce que le racisme Répondre en citant

Un numéro spécial de la revue du CNRS.
a lire ici : http://www.cnrs.fr/fr/pdf/jdc/263/#/20/


Feuilletez cnrs le journal n°263  (fonctionne aussi sur les iPad, iPhone, iPod Touch et Android).           
Téléchargez cnrs le journal n°263 en version PDF (4 Mo)



Entre 1870 et 1940, plus d'un milliard de visiteurs se rendent dans des zoos pour y observer… des êtres humains : Sénégalais, Nubiens, Lapons, Coréens, Amérindiens, etc. Un spectacle de masse sur lequel revient une exposition du musée du quai Branly dont le CNRS est partenaire. A cette occasion, l'enquête de ce numéro s'attarde sur les origines du racisme et sur ses nouveaux visages : aujourd'hui, les différences de culture suscitent autant de rejet que celles de couleur de peau. Commissaire de l'exposition,  Lilian Thuram nous livre sa vision du sujet et nous parle de sa fondation pour l'éducation contre le racisme.


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MessagePosté le: Lun 2 Jan - 10:43 (2012)    Sujet du message: Publicité

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ramiro


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Inscrit le: 25 Nov 2011
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MessagePosté le: Lun 2 Jan - 10:49 (2012)    Sujet du message: Qu'est-ce que le racisme Répondre en citant

Seuls 50 % des Français ne s’estiment “pas du tout racistes”1.

Mais quelles pensées se cachent derrière ce mot ? Le racisme fonctionne « comme un stéréotype, rappelle Isabelle Veyrat-Masson, directrice du laboratoire Communication et politique. Il s’agit
d’une opinion figée qui catégorise l’Autre à travers un élément, comme sa couleur de peau. Cela permet de rendre simple la complexité du monde en utilisant une grille de pensées-clichés, de certitudes qui ne sont remises en cause ni par la réalité ni par l’expérience directe ».

LA HANTISE DU MÉLANGE

Si, à l’heure actuelle, le racisme fondé sur  la biologie, qui présuppose une classification hiérarchique des groupes humains, « est en net recul dans le monde démocratique occidental, l’on ne saurait conclure qu’il est en voie d’extinction sur la planète, note pour sa part Pierre-André Taguieff, du Centre de recherches politiques de Sciences Po2. Parallèlement, au cours des
trente dernières années du xxe siècle, on a assisté au surgissement d’un racisme centré sur l’identité culturelle. La question du racisme s’est ainsi décrochée de la vieille question raciale ».
Ce nouveau type de racisme suppose que certaines croyances religieuses, façons de s’habiller, habitudes alimentaires, etc., sont irréductiblement incompatibles avec d’autres cultures. Bref, qu’il
existe des groupes humains mutuellement antagonistes. Dans ce néoracisme différentialiste et culturel, comme dans le racisme biologisant, on rencontre la hantise du mélange, « supposé destructeur de l’identité du groupe d’appartenance, analyse le politologue. L’attitude mixophobe implique le désir de tenir à distance ou de mettre à l’écart ceux qui sont censés menacer
le groupe propre. Elle peut conduire à des politiques d’expulsion des indésirables ou à des formes violentes de transferts de populations ». Pire, ce désir de séparation
« s’extrémise parfois en désir d’extermination et se traduit alors par des massacres de masse », comme le prouvent les guerresethniques qui ont marqué la fin du
xxe siècle. « On peut donc se débarrasser des autres qui inquiètent ou des différents qui menacent, soit par une stricte ségrégation, soit par leur totale expulsion, soit par
leur anéantissement », résume Pierre- André Taguieff.

Pour Michel Wieviorka, sociologue au Centre d’analyse et d’intervention sociologique3 et adminis trateur de la Fondation Maison des sciences de l’homme, l’idée selon laquelle le racisme,
sous nos latitudes, aurait cessé d’être physique pour devenir symbolique est à manier avec prudence. « Dans un livre récent, The Nature of Race, la sociologue américaine Ann Morning montre qu’aux États-Unis, par exemple, la notion de race est présentée comme quelque chose d’objectivement réel dans les manuels scolaires de biologie, assure-t-il. Simplement, le discours raciste est moins flagrant, moins explicite, plus contrôlé. »

LE RETOUR DE L’ANTHROPOLOGIE PHYSIQUE

De ce côté-ci de l’Atlantique, « rien, malheureusement, n’est stabilisé, regrette le chercheur. Dans l’enquête sur le racisme que j’avais menée en 1990, il n’était presque jamais question
des Noirs. Aujourd’hui, ce racisme est bien plus présent. Il présente les Noirs à la fois comme au-dessous et au-dessus de l’humanité dite normale. Ils ne seraient pas assez intelligents
pour occuper des postes à responsabilité dans la société, mais posséderaient des capacités physiques exceptionnelles ». On en revient à la vieille anthropologie physique, celle qui s’intéressait
à la pigmentation de la peau pour apprécier les qualités des indi vidus supposés relever d’une race. Quant à l’antisémitisme classique, « qui tient les Juifs pour une race et les perçoit comme
une menace pour la religion chrétienne, il est très affaibli en France », déclare Michel Wieviorka. Toutefois, selon des recherches en sciences politiques, certains courants antisionistes
relèvent de l’antisémitisme. Dans leur version la plus extrême, ils prônent la destruction pure et simple de l’État d’Israël.

Qu’en est-il de « l’arabo-islamophobie » ? Par cette expression, Olivier Bobineau, membre du Groupe sociétés, religions, laïcités4, nomme la méfiance envers le monde arabe alliée à la
défiance de la religion musulmane. De fait, 42 % de nos compatriotes considèrent la présence d’une communauté musulmane comme une menace pour l’identité du pays5. L’araboislamophobie
provient notamment du fait qu’en France « l’affichage d’un symbole religieux dans l’espace public pose problème, commente Olivier Bobineau. La laïcité étant devenue l’ADN de notre République, la vue de signes religieux ostentatoires dans la rue procure une gêne, car notre mémoire collective conserve l’idée que les religions, quand elles prennent de plus en plus de place dans l’espace de vie commune, peuvent aboutir à des guerres de religions, comme au xvie siècle ».

LA TENDANCE À L’AMALGAME

L’arabo-islamophobie s’explique également par le contentieux historiquequi lie la France et l’Algérie, et le triple amalgame entre musulmans, Arabes et Algériens, alors qu’« il y a des Arabes
juifs, des Arabes chrétiens, des musulmans asiatiques et des Algériens non croyants », rappelle Olivier Bobineau. Sans oublier que le terrorisme international renforce l’association religionpassion
violente. Or les musulmans de France, dans leur quasi-totalité, « vivent paisiblement leur foi, constate le sociologue des religions. Mais la stigmatisation des musulmans par certains responsables
politiques qui préfèrent souffler sur les braises plutôt que garan tir l’unité du pays ne fait que ren forcer les attraits du radicalisme ». Mille et un ruisseaux convergent pour fabriquer le racisme, sous
toutes ses formes. « Il faut donc construire mille et un barrages pour endiguer ce fléau, inacceptable pour notre société », plaide Michel Wieviorka. Une tâche qui incombe, entre autres, « aux intellectuels critiques et aux scientifiques mus par des engagements civiques », renchérit Pierre-André Taguieff.

1. Sondage CSA réalisé du 11 au 14 janvier 2011
auprès de 979 personnes représentatives
de la population française des 18 ans et plus.
2. Unité CRNS/Sciences Po.
3. Unité CNRS/EHESS.
4. Unité CNRS/EPHE.
5. Sondage Ifop réalisé en décembre 2010 auprès
d’un échantillon de 809 personnes.
13 Exode de réfugiés
vers le Zaïre, en 1994,
pendant le génocide
rwandais. 14 À la
même période,
des nettoyages
ethniques ont lieu
en ex-Yougoslavie.
La fin du xxe siècle
a été marquée par
des massacres
de masse et des
guerres ethniques
qui s’appuient
souvent sur une
attitude mixophobe.
13
14


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ramiro


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MessagePosté le: Lun 2 Jan - 10:50 (2012)    Sujet du message: Qu'est-ce que le racisme Répondre en citant

extrait d'un article sur le livre de Colette Guillaumin "l'idéologie raciste"


Penser le minoritaire avec Colette Guillaumin Publié 19 septembre 2010 philosophie-idéologie 2 Commentaires


source : No Pasaran
Difficile de parler du croisement entre oppressions sexiste et raciste en France sans évoquer la pensée de Colette Guillaumin. Son ouvrage L’Idéologie raciste (Gallimard, 2002), publié en 1972 sur la base d’une recherche menée en 1967-68, marque un tournant dans les études du phénomène raciste. Je voudrais donc en présenter ici quelques aspects particulièrement utiles pour comprendre et lutter contre les dispositifs de minorisation des opprimé-e-s.

Ce livre naît d’une insatisfaction générale de Guillaumin par rapport aux études classiques sur le racisme. Selon elle, ces études reproduisent la pensée raciste en n’interrogeant pas les modes de construction sociale des catégories qui permettent de penser la race. En effet, elles considèrent les groupes raciaux comme donnés, et limitent les phénomènes racistes aux attitudes hostiles contre ces groupes. En ce sens, elles prennent comme référence implicite la construction majoritaire, dominante, des groupes racisés et du racisme. Or, selon Guillaumin, l’idéologie raciste fonctionne tout à fait différemment de ce que ces études présentent : d’une part, elle s’exerce de façon tout à fait similaire contre les divers groupes victimes du racisme, qu’il s’agisse des noirs, des juifs, des arabes, mais aussi des ouvriers ou des femmes. D’autre part, l’idéologie raciste se situe endeçà de l’hostilité, elle commence dès le travail de catégorisation du groupe racisé, et peut tout à fait s’accompagner de jugements mélioratifs.
La raison en est que le racisme ne se situe pas dans un rapport à « l’autre réel », mais à la construction symbolique de la différence. Loin d’être une réaction (moralement condamnable, mais justifiée physiquement) à une différence réelle de l’autre, le racisme est tout entier du côté de la création imaginaire de cette différence : « le racisme est un monde du fantasme » (p.65). Ce n’est pas un hasard si les formes paroxystiques du discours raciste, sous la plume de Gobineau, de Drumont, des Protocoles des Sages de Sion, ou d’Hitler, sont baignées dans un univers symbolique bien particulier, marqué par une vision catastrophiste d’un monde en déliquescence, menacé par des forces obscures et par le pourrissement. Peu importe alors que la différence racisée ait un substrat biologique (sexe physique, couleur de peau etc.) ou non (judéité, classe sociale), du moment que dans l’univers symbolique il y a croyance en la différence de nature entre soi et l’autre. La biologisation des rapports sociaux est donc un moment historique du racisme particulièrement important, mais elle n’est pas absolument nécessaire : le passage du vocabulaire de la race à celui de l’ethnie, de la culture ou de l’identité reste dans l’univers raciste, dès lors que se perpétuent des conduites de « mise à part revêtue du signe de la permanence  » (p.110), critère de la symbolique raciste.
Puisqu’elle se situe dans un univers symbolique particulier, l’idéologie raciste n’est pas un invariant de la nature humaine, et doit être analysée dans son déploiement historique. Si le rejet de l’autre peut se produire dans de nombreuses situations sociales et historiques, le racisme est une forme particulière de ce rejet, apparue dans le monde atlantique dans des circonstances précises. Guillaumin la fait naître au XIXème siècle : elle naît au moment d’une conjonction particulière entre des changements économiques (l’industrialisation), idéologiques (égalitarisme et inclusion de tou-te-s dans l’espèce humaine), scientifiques (biologisme, historicisme), en lien indissociable avec le projet colonial, comme adaptation des discours de la domination aux conditions de la modernité. L’idéologie raciste est en effet centrée sur le maintien de la domination sociale. Si elle a pour but la mise à part permanente de la différence, son apparition dans un monde où règnent des inégalités sociales fortes donne au racisme un rôle particulier dans la perpétuation d’un système de domination qui aurait dû être rendu illégitime par l’égalitarisme des Lumières et des révolutions modernes. C’est pourquoi les groupes racisés sont des groupes minoritaires, c’est-àdire des groupes qui « ont en commun leur forme de rapport à la majorité, l’oppression. Oppression économique d’abord, oppression légale (ou coutumière) ensuite. Les formes de ce rapport d’oppression économique et légale sont différentes selon les groupes mais constantes : ces groupes se définissent par leur état de dépendance au groupe majoritaire. Ils sont, au sens propre du terme, en état de minorité.  » (p.119) C’est donc en lien avec la domination que l’idéologie raciste doit être comprise : elle permet aux dominants de justifier le maintien des groupes racisés dans un état de dépendance par rapport au minoritaire ; dépendance physique, par l’oppression économique et légale, et dépendance symbolique, puisque c’est par les catégories mêmes du majoritaire (qui se définit comme le général) que les minoritaires (toujours particuliers) existent.
Cette présentation succincte permet peut-être de donner quelques indications sur les formes d’une lutte exigeante contre l’idéologie raciste. La première est qu’il est impossible de lutter contre un racisme particulier (antisémitisme, misogynie, homophobie, mépris de classe etc.) de façon efficace, car les mécanismes symboliques racistes fonctionnent de façon unifiée. La seconde est qu’il ne peut y avoir de réponse politique au racisme par le biais d’une condamnation morale, ou d’une simple lutte contre les comportements d’hostilité : c’est une structure symbolique complexe, ancrée dans des institutions précises et dans des situations d’inégalité socio-économique, qu’il s’agit de subvertir. La troisième est qu’il ne faut pas sous-estimer la force actuelle du racisme et du sexisme sous prétexte que les dispositifs légaux ou que la violence physique serait atténuée : le maintien, évident à l’extrême-droite mais présent aussi de façon plus diffuse dans l’ensemble de la société, d’un discours du Même et de l’Autre, qui assigne aux corps des identités strictement définies, montre que l’idéologie raciste n’a rien perdu de sa vigueur. A nous de nous donner les moyens de la faire reculer.


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