Le forum des Indignés Strasbourg Index du Forum

Le forum des Indignés Strasbourg
Groupes de travail des Indignés (Strasbourg)

 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

Initiatives personnelles et contrôle par le groupe

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le forum des Indignés Strasbourg Index du Forum -> Groupes de travail -> Commission "Fonctionnement" -> Dynamisation des assemblées
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Gadjo
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 24 Juin 2011
Messages: 22

MessagePosté le: Dim 1 Jan - 17:57 (2012)    Sujet du message: Initiatives personnelles et contrôle par le groupe Répondre en citant

Suite à une intervention de Vigilius, je souhaiterais lancer un débat touchant à la fonction et aux prérogatives de l'Assemblée Générale. Deux idées sont soutenues, qui peuvent paraître a priori contradictoire. L'objectif est de les concilier. Ces deux idées sont :
  • Il faut soutenir les initiatives individuelles.
  • Il faut un certain contrôle collectif sur les actions réalisées au nom des Indigné-e-s.
Personnellement, je suis favorables aux deux propositions. Je voudrais essayer de montrer qu'elles ne sont pas incompatibles.


1) Il faut soutenir les initiatives individuelles.

Tout d'abord, l'importance de favoriser les initiatives individuelles ou de petits groupes semble suffisamment évidente pour qu'on n'argumente pas à ce sujet. Ces initiatives sont -évidemment- légitimes quand elles sont réalisées en nom propres par les individus qui les portent.

2) Il faut un certain contrôle collectif sur les actions réalisées au nom des Indigné-e-s.

Quand une action se fait au nom des Indigné-e-s de Strasbourg, au contraire, la question de la légitimité peut tout à fait se poser. Le groupe accèpte-t-il de ne pas avoir de regard sur ce qui se fait en son nom ? Peut-il accepter de cautionner a priori toutes les actions entreprises par des individus qui se réclament de ses valeurs (et qui peuvent très bien mentir ou se tromper de bonne foi) ?

Une action menée de bonne foi peut avoir des conséquences contraires aux valeurs que nous défendons. L'intelligence collective qui émerge des discussions dans le groupe et qui se concrétise dans les décisions de l'AG peut aider à éviter ces erreurs. Il me semble important de croire à la vertu de la discussion et de la délibération collective. Nous serons plus intelligents et plus forts ensemble.

Il ne s'agit pas d'interdire quoi que ce soit (même si on le voulait, on ne le pourrait pas, de toute façon), mais plutôt de décider de cautionner ou non des pratiques.

Prises de décision collective et exercice concret de démocratie
Au delà de l'exigence de contrôle sur les actions menées, il me semble qu'il y a aussi un autre avantage à mettre les initiatives en débat à l'AG. Vouloir laisser un libre court absolu aux initiatives individuelles me semble caractériser un manque de confiance dans la délibération collective et dans sa capacité à produire des décisions satisfaisantes pour tou-te-s.
A l'inverse, soumettre les décisions individuelles à l'AG nous entraînerait à l'exercice démocratique. Il est important de créer des modalités d'exercice de la démocratie qui soient respectueuses des individualités et de leurs initiatives tout en permettant une activité collective (le propre d'une société). S'y exercer concrètement nous permettra de prendre conscience des difficultés et des problèmes que cela pose. Nous savons que nous avons, tou-te-s ensemble, les capacités de résoudre ce type de problèmes. Le jeu en vaut donc probablement la chandelle.


3) Mais un contrôle collectif sur les actions engagées au nom des Indigné-e-s n'a-t-il pas pour conséquence d'empêcher les initiatives individuelles ?
Il me semble que non pour plusieurs raisons :
  • A priori, une initiative individuelle peut tout à fait être menée en un nom individuel (et éventuellement être cautionnée par l'AG a posteriori).
  • De même, si l'AG décide de ne pas cautionner au nom des Indigné-e-s, le projet n'est absolument pas perdu ; simplement, il ne se fait pas au nom du groupe.
  • De temps à autres, une réflexion collective sur une action individuelle pourrait amener ses initiateurs à prendre conscience de problèmes réels avec l'action envisagée. Ici, la réflexion collective est utile.
  • A contrario, le passage par l'AG et par la discussion collective peut aussi bien permettre d'améliorer le projet et de grossir le groupe des porteurs de ce projet.
  • Le passage par l'AG peut prendre du temps.
    Mais d'une part, le projet peut tout à fait avancer pendant ce temps ; simplement, l'initiateur du projet prend le risque son initiative ne soit pas cautionnée par l'AG (et que donc le groupe refuse de dire qu'il s'agit d'un projet des Indigné-e-s de Strasbourg ; voir point 2). Ce qui n'est pas si grave...
    D'autre part, ce temps est peut-être simplement la contrepartie de l'exercice de la démocratie : ça me semble être le seul moyen de pouvoir affirmer que l'action correspond à une décision collective. Enfin, il y a probablement un tas de projets qui seront acceptés facilement (enfin j'imagine).
  • ...

Il me semble qu'il est nécessaire de concilier les deux exigences évoquées (soutenir les initiatives et garder le contrôle sur ce que "nous" faisons). Aussi, il me semble important de réfléchir à des modalités d'action qui permettent de concilier les deux. Je crains que débattre en opposant simplement les deux idées (initiatives et contrôle) nous amène dans un débat interminable, puisque les deux ont des justifications valables.

Je vous propose donc de plutôt diriger ce débat vers la façon dont on peut concilier ces deux choses et quelles modalités de contrôle seraient les plus aptes à favoriser les initiatives personnelles.


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Dim 1 Jan - 17:57 (2012)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Vigilius


Hors ligne

Inscrit le: 16 Nov 2011
Messages: 30
Localisation: Strasbourg

MessagePosté le: Dim 1 Jan - 23:54 (2012)    Sujet du message: Initiatives personnelles et contrôle par le groupe Répondre en citant

Gadjo-Ferdinand et Tchop aussi dans son post sur FB résume bien la situation vue d'un point de vue d'une assemblée de base. Mais l'AG est plus qu'une assemblée de base (nous avons grandi), c'est aussi une instance collective supérieure par rapport aux initiatives et aux projets collectifs des indignés et des groupes d'initiatives. La démocratie directe consiste à appliquer les principes de "subsidiarité" et de "suppléance" (vocabulaire peu connu en France, qui ne connait pas la démocratie directe, mais bien connue en Suisse par exemple).

La Charte des indignés de Strasbourg

Je suis d'accord avec le plaidoyer ci-dessus pour l'expérience de la démocratie directe afin de débattre, élaborer et décider collectivement ensemble des choses qui peuvent et doivent l'être.  Pour moi, il est évident que la question de la "charte" rentre justement dans le cadre d'une validation a priori par l'assemblée physique et à enrichir par l'assemblée virtuelle sur internet, à la recherche d'un consensus le plus large et motivant possible.

Pas de démocratie directe évoluée sans Subsidiarité ni Suppléance :
(vocabulaire illustré)

La "Subsidiarité", c'est l'art de bien veiller à prendre les décisions au plus près des personnes concernées, au plus près du terrain, du territoire, du projet concerné, etc. La "suppléance", c'est qu'un niveau collectif supérieur puisse remédier aux dérives commises à la base. Chez les indignés, au niveau d'une ville, la subsidiarité, c'est qu'un groupe de projet, par exemple le périple de "RT Europe" et de ses copains est autonome dans son action, décide souverainement de sa forme, de ses objectifs, etc. parce que ce sont eux qui le mèneront à bien. Ce groupe peut rechercher le soutien, le conseil et la bénédiction de l'AG locale des indignés pour accroitre la portée symbolique et l'encrage collectif de son initiative. Si c'est le cas, l'AG, puisqu'elle a été sollicitée et que l'action est aussi menée en son nom, a aussi à veiller à la cohérence de l'initiative par rapport aux pratiques souhaitées collectivement. C'est ce que Gadjo/Ferdinand appelle le contrôle et qui s'appelle donc la "suppléance", c'est à dire le fait que le collectif élargi, l'AG suppléé en cas de manquements du groupe de projet aux usages collectifs (par exemple la non-violence) et de défaillances (atteintes aux droits humains fondamentaux, par exemple). Ces principes, si nous réussissons à les appliquer, permettrons à la fois d'exercer une réelle démocratie directe et de remédier aux dérives en faisant appel aux principes supérieurs qui s'appliquent à tous (dans la République, c'est typiquement le rôle de la Constitution, pour les indignés, cela peut être la Charte, ou une référence à la Déclaration universelle des droits humains, ou les deux, à débattre).

C'est pourquoi, je suis intervenu frontalement pour exprimer la chose suivante, qui n'est pas entendue dans le résumé ci-dessus. Ce résumé confond l'AG avec une assemblée de base, ce qu'elle n'est plus, et le sera de moins en moins. Une AG locale n'est plus le niveau le plus élémentaire du regroupement des indignés :
Je m'oppose au fait d'avoir à attendre de demander l'autorisation à l'AG pour faire quelque-chose, en tant qu'indigné (isolé ou regroupé avec d'autres en affinités de projets), à partir du moment où je je respecte les valeurs/principes/comportements fondamentaux du mouvement qui définissent son éthique.

Je suis pour une réelle démocratie directe, c'est-à-dire je demande que la suppléance s'exerce a posteriori, et non pas a priori sur les individus et les groupes d'initiatives. Je demande que l'adhésion au mouvement des indignés se fasse par une charte consensuelle, forcément minimale, mais claire, motivante et forte et que chacun puisse agir à partir de cette adhésion, qui n'est donc pas une appartenance à une organisation, à un groupe, à un parti (auquel un indigné peut déjà appartenir par ailleurs).

Le problème avec la "suppléance a priori" proposé ici, c'est que ça n'existe pas. Ce n'est simplement plus de la démocratie directe, c'est vouloir risquer de traiter à un niveau supérieur incompétent et trop lent ce qui doit être fait à la base. L'AG (réelle, pas celle fantasmée) n'est pas en mesure d'exercer un contrôle a priori sur tout. Elle se réunit trop rarement (1x par semaine), les réunions sont trop courtes pour cela, et elle réunit trop peu de monde. L'AG virtuelle, elle pourrait mieux tenir ce rôle de "grande assemblée générale populaire de base permanente, omnisciente et omnipotente" si elle avait de meilleurs outils et si nous avions déjà inventé tout ce qu'il y a à inventer pour rendre l'internet démocratique et fructueux. Nous n'en sommes pas là.

Expérimentons la démocratie directe complète
,
celle qui sera généralisable

Gadjo/Ferdinand nous propose d'expérimenter la démocratie directe au niveau de la subsidiarité (l'autonomie de l'AG souveraine). Je suis à 100% sur la même longueur d'onde. Je propose de l'expérimenter aussi au niveau de la suppléance. Donnons à l'AG le statut d'instance garante supérieure par rapport aux commissions et aux groupes de projets qui vont dépoter bientôt dans tous les sens et dont les initiatives vont rapidement dépasser les capacités de discussion dans le cadre de l'AG. Oui, exerçons-nous à la démocratie directe, à la vraie, à celle qui pourra servir de modèle plus large. Expérimentons-là jusqu'à laisser l'autonomie au groupes d'initiatives  (principe de confiance), mais en ouvrant l'oeil et le bon (principe de vigilance) afin d'assurer la suppléance (le contrôle du respect des principes supérieurs admis par tou-te-s). Libérer les énergies individuelles et les initiatives de groupes d'affinité d'indignés par le contrôle a posteriori, c'est aussi mûrir dans l'exercice et l'expérience de la vraie démocratie directe, celle où on se sent libre parce qu'on l'est réellement.

Les AGs virtuelles (sur internet) et physiques (sous l'arbre ou ailleurs) sont des lieux de subsidiarité (de décision locale concernant les gens présents), d'échange, de coordination et de suppléance (de contrôle collectif). Mais les individus, les groupes de projets sont en situation de subsidiarité par rapport à elle, ils sont libres, ILS SONT MÊME LIBRE DE SE DIRE "GROUPE D'INDIGNES", et cela jusqu'à preuve du contraire (suppléance = contrôle a posteriori). Ils ne pourront pas par contre se prévaloir d'agir "AU NOM DE L'AG", s'ils n'ont pas pris la peine de la consulter, c'est évident.


CARACTERISTIQUE ET PERSPECTIVES DE LA FEDERATION DES 99% ET DE LA DEMOCRATIE REELLE (que nous ne fédérons pas encore tou-te-s)

La caractéristique de notre mouvement par rapport aux organisations qui nous entourent est qu'il est composé d'individus qui se fédèrent pour penser et agir ensemble si possible, mais qui NE se disent PAS indignés PARCE QU'ILS agissent dans le cadre d'un consensus d'une AG de quelques individus plus disposés à se déplacer que d'autres. C'est au contraire l'AG qui est dans la situation difficile d'être plus ou moins représentative des INDIGNES dans leur diversité potentielle des 99%. Seule une pratique vivante de la démocratie, appuyée si nécessaire sur une charte claire garantissant cette diversité tout en explicitant les fondamentaux (stratégies non-violentes, recherche de consensus plutôt que de rapports de force, démocratie réelle et équitable, lutte contre toute forme de profitation, etc.) pourra nous réunir tous différents que nous sommes parmi les 99%.

Nous ne sommes pas une "orga". Ce n'est pas notre vocation. Nous avons en perspective d'être LA démocratie directe en acte, nous ne sommes pas un parti qui doive définir une ligne, une cohérence, une stratégie, un contrôle, censurer, etc. Et si nous en devenons une, nous serons un groupuscule de plus et ne fédèrerons plus rien. L'AG n'est plus rien sans les indignés agissants et sans les visiteurs des différentes organisations qui viennent y participer parce qu'il se passe quelque-chose ici plutôt que le néant ou l'agitation locale impuissante et indiscernable. Plus tard, les AGs deviendront peut-être des AP (Assemblées Populaires) grossies d'indignés de la dernière heure, chassés du paradis consumériste, de leur travail, de leur logement et qui auront des réalités concrètes à gérer. Soyons à même de proposer une expérience complète de la démocratie directe.
_________________
____________________
http://vigilius.eutopic.info


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Manolìn


Hors ligne

Inscrit le: 23 Juin 2011
Messages: 82

MessagePosté le: Lun 2 Jan - 00:32 (2012)    Sujet du message: Initiatives personnelles et contrôle par le groupe Répondre en citant

à premiere vu je partage l'idée de vigilius ..
Je pense aussi que c'est le bon comportement à adopter..


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 03:59 (2017)    Sujet du message: Initiatives personnelles et contrôle par le groupe

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Le forum des Indignés Strasbourg Index du Forum -> Groupes de travail -> Commission "Fonctionnement" -> Dynamisation des assemblées Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2005 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com