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Qu'est-ce que faire de la politique ?

 
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ramiro


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MessagePosté le: Mar 13 Déc - 14:44 (2011)    Sujet du message: Qu'est-ce que faire de la politique ? Répondre en citant


Faire de la politique, c'est s'intéresser, au sens ou les grecs le concevaient, à la gestion de la "polis", aux affaires de la cité. Plus particulièrement, c'est se poser la question de la répartition des pouvoirs. Tout le débat démocratique (vieux de 3000 ans) repose sur ce questionnement : à qui doit ont confier le pouvoir, quel sont les contre-pouvoir que l'on doit mettre en place pour que la "cité" ne devienne pas une oligarchie, une tyrannie... Les partisans de la "démocratie" partent du principe que c'est au "peuple" que les clés du pouvoir doivent être remises. Reste à savoir de quelle façon et ce n'est pas une mince affaire. Démocratie du tirage au sors, démocratie populaire, démocratie directe ou représentative...nombreuses sont les expériences qui ont existé dans la recherche du "bon" pouvoir.


Plus proche de nous, au XIXeme siècle, le sociologue Max Weber y a lui aussi réfléchi mais sans cherché à définir ce que serait un "idéal démocratique". En partant simplement de la question du pouvoir. Pour lui, e pouvoir politique, c'est la domination exercée par une personne ou un groupe de personnes dans une société, dans le but d'organiser celle-ci. La cohérence d'un projet politique est assurée par un pouvoir politique qui mène cette action. Ce contrôle peut être fait à l'encontre de la volonté populaire (dictature) ou au nom du peuple, c'est à dire par et pour le peuple (démocratie). A ce niveau, il est questions de systèmes et de régimes politiques, qui méritent deux fiches supplémentaires!

Il faut commencer par définir ce pouvoir politique, puis voir quelles formes il peut prendre. On parlera alors ici de régimes et de systèmes (tout de même), mais aussi de domination, de portées anthropologiques, historiques, culturelles, philosophiques... Pour constater, en conclusion, les choses n'ont pas tant évolué ces derniers siècles... Avec, encore une fois, un rapport à l'actualité.





La définition la plus utile, et la plus célèbre, c'est celle qu'a énoncée Max Weber dans Le Savant et le Politique (1919) : "Le pouvoir politique, c'est le monopole de la violence légitime".

Retenir cela, c'est déjà posséder l'essentiel en la matière...



Il s'agit désormais de comprendre ce que cela implique concrètement.

La violence légitime, c'est la violence qui est reconnue par tous comme légitime, c'est à dire nécessaire au bon fonctionnement de la communauté. S'il n'y avait pas de violence dite "légitime", n'importe qui pourrait se faire justice soi-même et la loi du plus fort, ou encore du "chacun pour soi" règnerait. Par "violence", il ne s'agit pas que d'aggression physique, mais aussi et surtout de violence symbolique (exemple : un redressement fiscal ne se règle pas avec des coups de bâton...).



Le philosophe Anglais Thomas Hobbes dit que "L'Homme est un loup pour l'Homme" : Le pouvoir politique permet de distribuer plus ou moins équitablement les droits et devoirs entre les citoyens. Et cela passe par l'acceptation collective d'une autorité qui exerce cette violence légitime, c'est à dire cette possibilité de fixer des limites à ceux qui dépassent les règles et empiètent sur la liberté d'autrui ("la liberté de chacun s'arrête là où commence celle d'autrui"...). Chez hobbes, la société organisée est une nécessité pour échapper à un état de nature qui n'engendre que la guerre. Chez Rousseau, ce "contrat social" est un compromis, une régulation entre l'aspect fondamentalement social de l'Homme et sa nature qui, ici, est pensée comme fondamentalement bonne.



Donc, l'armée, la police, la justice, sont des instruments de cette "violence légitime", qui permet d'empêcher ou de punir les cas de violence individuelle (interdire de se faire justice soi-même, c'est lutter contre la Loi du plus fort). Mais ils doivent être utilisés dans un cadre juridique, sans quoi ils deviennent, également, illégitimes. Ainsi, ce pouvoir implique, naturellement, qu'un policier qui fait un usage abusif de son arme soit puni. Tout pouvoir qui ne possède pas de contre-pouvoirs est dit "absolu".

La violence légitime est une notion positive, qui doit sans cesse (surtout en démocratie) se remettre en question.

Bref, une fois que quelqu'un a le pouvoir de taper, on l'écoute... Donc, le pouvoir politique, qui exerce cette domination légitime, est à même de structurer la société, pour le meilleur comme pour le pire.



Pour définir ce qu'est la violence illégitime (celle qui doit être combattue pour assurer le respect des droits et devoirs des citoyens), il est important que les bases du pouvoir reposent sur des Lois, sur une juridiction. Dans l'analyse de Weber, il existe trois types de mode de dominations qu'il décrit dans trois grands exemples :


- la domination traditionnelle : le chef est chef en raison de ses ascendances divines, de ses pouvoirs mystiques, de son lien avec l'au-delà...



- la domination charismatique : c'est le "niveau 2" du pouvoir politique : en raison de son comportement héroïque, de son charisme, de l'admiration irrationnelle qu'un être suscite, celui-ci est considéré comme le chef naturel, spontanément plébiscité... Une survivance moderne de cette domination est le moteur du mythe de l'"homme providentiel" (ou de la femme, bien sûr), encore vivace sous notre Vème République.


- la domination légale-rationnelle : là, c'est simple, on prend plus compétent, celui qui est à même de gouverner le pays non pas parce qu'il impressionne, mais juste parce qu'il fait bien son travail...


C'est ce dernier type de domination qui est le plus intéressant pour nous...tout simplement parce que c'est celui dans lequel nous vivons plus ou moins : celui qui a vu se développer un Etat bureaucratisé avec une administration, des lois, un système juridique qui tend à justifier le pouvoir.



Dans le prolongement de la définition de Max Weber le sociologue Pierre Bourdieu explique qu'il existe un espace spécifique où se joue les luttes pour la prise de pouvoir, des postes politiques et des esprits, qu'il appelle "le champ politique".



Le champ politique : Le champ politique est un des champs qui a pour enjeu d’« imposer la vision légitime du monde social » : comparable au champ religieux sur ce point, le champ politique tend à concentrer « l’accès aux moyens de manipulation légitime de la vision du monde (ce qui est la définition de l’action politique) ».

Le champ politique a pour logique spécifique de viser à donner sa vision du monde social comme fondée non seulement sur des critères de vérité mais aussi et surtout sur sa représentativité, sa capacité à mobiliser ceux qui s’y reconnaissent. S’il partage avec le champ des science sociales l’enjeu d’imposer une vision du monde, celle-ci n’est pas validée par sa vérité intrinsèque mais par la force du nombre de ceux qui la tiennent pour vraie et qui, ainsi, concourent à la faire advenir : alors que dans le champ des sciences sociales, on oppose des idées-vérité, dans le champ politique, on oppose des idées-forces.

Ainsi, « une partie importante des problèmes qu’on nous présente comme des problèmes politiques importants sont des problèmes qui sont importants pour les politiques, notamment parce qu’ils le permette de faire des différences entre eux ».. Il englobe dans ce champ certains journalistes et les sondeurs.



Dans « La représentation politique »http://quineditmot.wordpress.com/ressources/bourdieu-politique/#_ftn14, le champ politique est défini par Bourdieu comme le lieu où s’engendrent, dans la concurrence entre les agents qui s’y trouvent engagés, des produits politiques (problèmes, programmes, analyses…) entre lesquels les citoyens ordinaires, réduits au statut de « consommateurs », doivent choisir, avec des chances de malentendu d’autant plus grandes qu’ils sont plus éloignés du lieu de production.








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MessagePosté le: Mar 13 Déc - 14:44 (2011)    Sujet du message: Publicité

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